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Deuxième partie : considérations spécifiques sur la prise en charge pour la prévention secondaire de l’AVC pendant la grossesse

2017 MISE À JOUR
novembre 2017

2A. Utilisation des antithrombotiques pendant la grossesse (antiplaquettaires et anticoagulants) après un AVC ischémique ou un accident ischémique transitoire

  1. La prise de décisions concernant l’utilisation d’antithrombotiques peut être complexe et un examen multidisciplinaire peut être nécessaire pour évaluer les risques et les avantages de chaque option, tant pour la mère que pour le fœtus.
    1. Les décisions en matière de thérapie antithrombotique peuvent être personnalisées et peuvent être éclairées par de nombreux problèmes, tels que :
      • l’étiologie de l’AVC et le risque de récidive d’AVC qui l’accompagne en dehors de la grossesse (p. ex., prothèse valvulaire par rapport à un AVC cryptogénique);
      • la gravité de l’AVC, le temps écoulé depuis l’AVC (p. ex., le risque de saignement est plus élevé avec des infarctus plus graves et plus récents);
      • le stade de la grossesse (p. ex., le risque d’AVC pendant la période périnatale et la période post-partum est plus élevé que pendant le premier et le deuxième trimestre).
    2. Si l’on envisage l’anticoagulation, il faut prendre en considération les antécédents médicaux et obstétricaux d’une femme en plus des facteurs énumérés ci-dessus. Par exemple, une femme ayant des antécédents de travail prématuré ou d’accouchement rapide peut être exposée à un risque plus élevé d’accouchement prématuré ou rapide, ce qui complique l’arrêt planifié de l’HFPM.
  2. Chez certaines femmes ayant survécu à un AVC ischémique dont le mécanisme sous-jacent a été résolu, dont le risque résiduel est présumé comparable à celui de la population générale et qui ne sont pas déjà traitées par antithrombotiques, il est raisonnable de ne pas commencer une prophylaxie antithrombotique pendant la grossesse.
  3. Si les agents antiplaquettaires (clopidogrel, acide acétylsalicylique, acide acétylsalicylique combiné à de la dipyridamole à libération prolongée, ticagrelor) sont indiqués ou déjà utilisés en prévention de l’AVC, il est préférable de passer à l’acide acétylsalicylique (AAS) à faible dose (81 mg par jour) avant la grossesse ou une fois la grossesse confirmée.
    1. Il n’y a pas suffisamment de données probantes pour soutenir l’innocuité des agents antiplaquettaires autres que l’AAS pendant la grossesse. Cependant, il peut y avoir des cas où d’autres agents antiplaquettaires sont cliniquement indiqués et il convient de traiter ces situations au cas par cas (p. ex., le clopidogrel pour les patientes ayant une endoprothèse coronarienne).
    2. Chez les femmes pour qui les agents antiplaquettaires seraient recommandés en prévention de l’AVC, l’AAS à faible dose est raisonnable avant la conception, au premier trimestre et pendant le reste de la grossesse.
      Remarque : Les médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ont été associés à une fermeture prématurée du canal artériel lorsqu’ils sont utilisés au cours du troisième trimestre et peuvent altérer la fonction rénale fœtale. L’AAS à faible dose, bien qu’il s’agisse d’un AINS, ne semble pas entraîner d’augmentation du risque de fermeture prématurée du canal artériel dans les essais cliniques, et aucune augmentation de l’insuffisance rénale fœtale n’a été signalée. D’autres lignes directrices22 reconnaissent des études de cas témoin suggérant la possibilité que le risque accru de gastroschisis soit associé à la prise d’AAS avant la onzième semaine de grossesse. Les résultats d’ECR plus récents (y compris les essais EAGeR29 et ASPRE31) qui utilisaient l’AAS à faible dose avant la conception (81 mg) ou après 11 semaines (150 mg) pour réduire les risques de fausse couche ou le développement de la prééclampsie n’ont pas montré de risque accru d’événements indésirables graves lorsque l’AAS est utilisé pendant la grossesse.
    3. L’AAS à faible dose peut être envisagé pendant l’allaitement, car il est prouvé que l’acide acétylsalicylique n’est pas excrété dans le lait maternel et que le taux de salicylate est faible chez les femmes qui prennent quotidiennement de l’aspirine à faible dose. Des doses quotidiennes plus élevées d’AAS peuvent présenter des risques supplémentaires, incluant des risques possibles d’acidose métabolique et des risques théoriques de syndrome de Reye chez les nourrissons exposés à de fortes doses d’acide salicylique. 39-41
  4. La warfarine est potentiellement tératogène et doit être évitée, en particulier entre 6 et 12 semaines d’âge gestationnel. Lorsqu’un traitement anticoagulant est envisagé, il est préférable d’utiliser l’héparine de faible poids moléculaire (HFPM), et ce, pendant toute la grossesse.
    1. IDans certaines situations rares avec des indications très fortes pour la warfarine (p. ex., les femmes avec une valve cardiaque mécanique), il peut être nécessaire de collaborer avec des experts en thrombose. Dans ces situations, le passage à une solution de rechange à la warfarine peut être envisagé dès la découverte de la grossesse, et le traitement avec la warfarine peut être repris après la douzième semaine de grossesse jusqu’à l’accouchement. Une prise en charge multidisciplinaire est préférable lorsque ces situations se présentent. 7
  5. Les données sur l’innocuité des anticoagulants oraux directs (apixaban, dabigatran, edoxaban, rivaroxaban) pendant la grossesse sont insuffisantes. Le passage à l’HFPM est encouragé dès qu’une grossesse est connue ou planifiée.
  6. Dans certaines circonstances, des doses thérapeutiques d’HFPM peuvent être considérées comme une solution de rechange raisonnable à l’AAS ou des doses prophylactiques avec ou sans AAS à faible dose pourraient être envisagées. Par exemple :
    1. Une femme considérée à risque élevé d’AVC ou de thrombose (par exemple victime de plusieurs AVC),
    2. Une femme ayant un trouble d’hypercoagulabilité connu (par exemple, le syndrome des antiphospholipides).
  7. L’HFPM à faible dose doit être arrêtée au moins 12 heures avant l’administration de l’anesthésie régionale, et l’HFPM à dose complète doit être arrêtée au moins 24 heures avant l’anesthésie régionale ou l’induction planifiée. 7
  8. L’utilisation d’héparine non fractionnée par voie intraveineuse selon des protocoles locaux normalisés pourrait être envisagée en remplacement de l’HFPM chez une femme hospitalisée, en particulier si l’on craint d’avoir à recourir à un accouchement urgent ou à des interventions invasives.
    1. Lorsqu’on utilise de l’héparine non fractionnée par voie intraveineuse, un nomogramme d’ajustement à faible dose pour les patientes atteintes d’un syndrome coronarien aigu, sans bolus, est préférable chez les patientes victimes d’un AVC, et serait également préférable pendant la grossesse.
  9. Les HFPM ou l’héparine non fractionnée peuvent être reprises 4 à 6 heures après le retrait du cathéter neuraxial si le saignement est bien contrôlé et s’il n’y a pas de préoccupation quant à de possibles complications liées à la technique neuraxiale, et le traitement poursuivi pendant 6 à 12 semaines après l’accouchement.
  10. De 6 à 12 semaines après l’accouchement, envisager la reprise de l’antithrombotique recommandé en dehors de la grossesse, en tenant compte des problèmes concernant l’allaitement maternel (voir la section C ci-dessus pour les liens) et de la planification de grossesses futures.
    1. Si une anticoagulothérapie est nécessaire, l’héparine de faible poids moléculaire et la warfarine sont toutes deux considérées comme des options sûres pendant l’allaitement. L’innocuité des anticoagulants oraux directs lors de l’allaitement n’a pas été établie.

2B) Prise en charge de la pression artérielle pour la prévention de l’AVC (ischémique et hémorragique) pendant la grossesse

  1. La prise en charge pharmacologique et non pharmacologique de l’hypertension pendant la grossesse est examinée en détail ailleurs : 6, 18
    1. Les inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine (IECA) et les antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II (ARA) – deux classes de médicaments utilisés en prévention de l’AVC – présentent un risque accru de complications fœtales (insuffisance rénale) et de faible volume de liquide amniotique, surtout après le premier trimestre. Ces médicaments doivent être arrêtés avant la grossesse ou dès qu’une grossesse est connue.
      • S’ils ont été pris par inadvertance, une consultation rapide dans un centre régional pour une échographie structurale fœtale détaillée et un encadrement sont recommandés.
    2. Les médicaments oraux de première intention couramment utilisés pour contrôler la pression artérielle au cours de la grossesse sont le labétalol, la méthyldopa et la nifédipine à action prolongée. 6 Le choix d’un antihypertenseur doit prendre en compte les profils d’effets secondaires pour la femme, le fœtus ou le nouveau-né.
  2. Toutes les femmes chez qui des problèmes d’hypertension apparaissent pendant la grossesse doivent rapidement faire l’objet d’une investigation et être examinées par un expert dans la prise en charge de l’hypertension pendant la grossesse. Après 20 semaines d’âge gestationnel, le diagnostic différentiel doit toujours inclure la prééclampsie, qui doit être identifiée pour une prise en charge obstétricale et fœtale appropriée.
  3. Au cours de la grossesse, les femmes ayant des antécédents d’AVC doivent avoir une pression artérielle systolique systématiquement inférieure à 140 mm Hg et diastolique constamment inférieure à 90 mm Hg. Voir la prise en charge de l’hypertension après un AVC dans le module sur la prévention secondaire de l’AVC des Recommandations et les lignes directrices 2014 de la SOGC pour la prise en charge de l’hypertension pendant la grossesse. 6
    1. Un suivi doit être effectué pour s’assurer que les objectifs sont atteints, pour détecter les hausses précoces de la pression artérielle ou la présence de protéines dans l’urine qui laissent soupçonner une prééclampsie, et pour éviter une hypoperfusion sévère.
  4. L’hypertension gestationnelle et la prééclampsie sont des troubles dynamiques liés à la grossesse qui nécessitent souvent une prise en charge en milieu hospitalier, une surveillance maternelle et fœtale, des examens de laboratoire répétés, un ajustement fréquent des médicaments et qui peuvent influer sur le moment de l’accouchement.
  5. La prééclampsie est un facteur de risque de maladie cardiovasculaire à long terme. Chez toutes les femmes souffrant de prééclampsie ou d’hypertension gestationnelle, le suivi à long terme de la prise en charge de la pression artérielle est raisonnable, car le risque d’hypertension, de coronaropathie, de maladie cérébrovasculaire ou d’artériopathie périphérique est accru. 44 Dans la situation particulière prise en considération dans le présent document (femmes enceintes ayant des antécédents d’AVC), le contrôle de la pression artérielle à long terme doit être optimisé pour atteindre les cibles recommandées pour la prévention secondaire de l’AVC. Voir la prise en charge de l’hypertension après un AVC dans le module sur la prévention secondaire de l’AVC des Recommandations canadiennes pour les pratiques optimales de soins de l’AVC.

2C) Statines en prévention des AVC ischémiques pendant la grossesse

  1. L’interprétation des taux de lipides n’est pas fiable pendant la grossesse en raison des changements physiologiques normaux de la grossesse et ne doit pas être utilisée pour guider les décisions concernant le traitement. En outre, les taux sériques de lipides ne doivent pas être mesurés de façon systématique pendant la grossesse. La prise en charge de première intention de la dyslipidémie comprend des conseils sur une alimentation saine et l’activité physique.
  2. Les données probantes sur l’innocuité des statines pendant la grossesse et l’allaitement sont insuffisantes. Il est raisonnable d’interrompre temporairement le traitement par statines avant la conception et tout au long de la grossesse.
  3. Le moment de la reprise ou de la prescription de statines pour la prévention secondaire de l’AVC après l’accouchement doit être déterminé en fonction de la situation clinique propre à chaque patiente (p. ex., présence de conditions à haut risque telles qu’un IM récent, compatibilité avec les plans d’allaitement maternel).

2D) Prévention des AVC pendant la grossesse en présence de diabète préexistant et de diabète gestationnel

  1. Les femmes souffrant de diabète pendant la grossesse (diabète préexistant de type 1 ou de type 2 ou diabète gestationnel) doivent faire l’objet d’un suivi rapproché fréquent par une équipe interdisciplinaire (le cas échéant) pour surveiller les complications maternelles et fœtales. La surveillance de la glycémie, la surveillance des autres facteurs de risque vasculaire et la gestion de l’apport en glucose pendant la grossesse et la période post-partum devraient respecter les lignes directrices établies (Diabète Canada 2013; www.diabetes.ca). 16
  2. Les tests de tolérance au glucose peuvent être envisagés plus tôt pendant la grossesse (par exemple à 20 semaines au lieu de 24 à 28 semaines) pour les femmes ayant des antécédents d’AVC considérées comme présentant un risque élevé de diabète gestationnel. 6, 16
  3. Il est raisonnable de fournir des conseils aux femmes ayant des antécédents d’AVC qui souffrent de diabète gestationnel et d’assurer un suivi à long terme par les soins primaires dans le but de faciliter les interventions ciblant le mode de vie pour réduire le risque futur de diabète et d’AVC. Le risque de diabète et de maladies cardiovasculaires sur 10 ans est élevé pour les femmes qui souffrent de diabète gestationnel. 56

La version définitive de cet article a été publiée dans l’International Journal of Stroke par SAGE Publications Ltd. © World Stroke Organization, 2017 http://journals.sagepub.com/doi/suppl/10.1177/1747493017743801/suppl_file/supplementary_material.pdf.

Justification

L’AVC est une cause majeure d’incapacité neurologique chez l’adulte, de décès, ainsi que de morbidité et de mortalité maternelles dans les pays développés. Sur la base des données regroupées d’une méta-analyse récente (Swartz et coll. 2017), l’AVC touche 30 grossesses sur 100 000. Il s’agit d’un taux trois fois plus élevé que pour les jeunes adultes en général (10 sur 100 000 par année), et les résultats dépendent de la détection et de la prise en charge rapides. Pendant la grossesse, on observe une plus grande variation des types d’AVC, avec une augmentation relative des thromboses des sinus veineux et des hémorragies intracrâniennes. Par ailleurs, les causes les plus courantes chez les jeunes adultes (p. ex., dissection, complications cardiaques congénitales), les adaptations physiologiques à la grossesse (p. ex., hypervolémie, augmentation des facteurs de coagulation) et les troubles spécifiques de la grossesse (HELLP, prééclampsie) se combinent pour augmenter le risque d’AVC lors de la grossesse. L’AVC est suffisamment courant pour que la plupart des spécialistes qui dispensent des soins obstétricaux ou des soins de l’AVC rencontrent des femmes qui ont déjà fait un AVC et qui veulent devenir enceintes, ou qui font un AVC pendant ou immédiatement après la grossesse. Il est donc nécessaire d’adopter une approche rationnelle pour les décisions de prise en charge, basées sur la meilleure documentation scientifique disponible et guidée par un consensus d’experts.

Exigences pour le système
  • Mise en place de systèmes pour permettre aux femmes qui commencent ou planifient une grossesse d’avoir accès aux soins prénatals appropriés.
  • Établissement de relations de collaboration entre les obstétriciens, les experts en médecine maternelle et fœtale et les spécialistes de l’AVC permettant d’optimiser l’accès et la prise en charge des femmes victimes d’AVC avant, pendant ou immédiatement après la grossesse.
  • Développement de systèmes de collecte de données pour surveiller les femmes victimes d’AVC avant, pendant ou immédiatement après une grossesse permettant d’améliorer les connaissances sur l’innocuité et l’efficacité des approches de prise en charge, et de favoriser l’amélioration de la qualité et les modifications des systèmes.
  • Promotion des essais contrôlés randomisés ou de vastes études observationnelles de la population, lorsque c’est possible, pour combler les lacunes dans les connaissances et accroître la capacité pour passer d’un énoncé de consensus à une ligne directrice de pratique clinique fondée sur des données probantes.
Indicateurs de rendement
  1. Proportion de femmes avec des antécédents d’AVC qui ont subi un AVC récurrent pendant la grossesse ou au début du post-partum.
  2. Proportion de femmes avec des antécédents d’AVC qui ont expérimenté un changement dans leurs capacités neurologiques (physiques, cognitives ou fonctionnelles) pendant la grossesse ou au début du post-partum (qu’il soit positif ou négatif).
  3. Mortalité maternelle due à la grossesse chez les femmes avec des antécédents d’AVC.
  4. Proportions et taux d’effets indésirables sur le fœtus et les résultats néonatals : anomalies congénitales, accouchement prématuré, morbidité et mortalité périnatales et pernatales.
Ressources pour la mise en œuvre et outils de transfert des connaissances

Pour les professionnels

Pour les patients

Sommaire des données probantes

Evidence Table Vascular Risk Reduction

Secondary Prevention of Stroke in Pregnancy

Vascular Risk Reduction
This section is focused on issues of stroke prevention associated with women who have either had a stroke in the past and are now planning to become pregnant, or who have sustained a stroke during pregnancy, but who are beyond the hyperacute phase. Pregnancy is associated with an increased risk of stroke due to changes in hemodynamics and coagulation. The evidence associated with management for commonly used secondary prevention strategies, including antithrombotic medications (both antiplatelets and anticoagulants), blood pressure management, cholesterol management and diabetes care, is summarized.

Antithrombotics
While aspirin therapy has been shown to reduce the risk of future vascular events among high-risk individuals, its use for stroke prevention during pregnancy hasn’t been specifically studied. Low-dose aspirin in pregnancy has been better studied for pregnancy-related conditions, such as recurrent pregnancy loss, clotting disorders or preeclampsia. The potential benefit of low-dose aspirin was examined in high-risk women with a history of one to two previous pregnancy losses (EAGeR trial, Schisterman et al. 2014). The results of this trial indicated that among women attempting to become pregnant, there was no difference between groups (81 mg aspirin daily vs. placebo) in the number of pregnancy losses (13% vs. 12%, RR=1.06, 95% CI 0.77-1.46, p=0.78). In a meta-analysis including the results from 3 trials, low-dose aspirin was not associated with a reduction in the risk of preeclampsia, severe preeclampsia or pre-term birth (Roberge et al. 2016). More recently, the results from the ASPRE Trial (Rolnik et al. 2017) suggested that low-dose aspirin (150 mg per day), initiated from 11 to 14 weeks of gestation until 36 weeks of gestation, was associated with a reduced risk of delivery with preeclampsia before 37 weeks of gestation, compared with placebo (OR=0.38, 95% CI 0.20-0.74, p=0.04), without an increased risk of adverse events.

The safety of low-dose aspirin use in pregnancy is well-established. Nørgard et al. (2005) reported on the outcomes of 3,415 children with 4 congenital abnormalities, which were included in a national Congenital Abnormality Registry. Compared with a reference group that was composed of 19,428 children with other congenital abnormalities, exposure to aspirin was found not to significantly increase the odds of any of the 4 congenital abnormalities (including neural-tube defects, exomphalos/gastroschisis, cleft lip ± palate and posterior cleft palate). A meta-analysis including the results from 22 controlled studies yielded similar results (Kozer et al. 2002). Pooling the results from 8 and 6 studies, the overall odds of congenital malformations or cardiac malformations were not significantly higher in the aspirin-exposed group (OR=1.33, 95% CI 0.94-1.89, p=0.11 and OR=1.01, 95% CI 0.91-1.12, p=0.80, respectively). However, the incidence of gastroschisis was significantly higher in the aspirin-exposed group (OR=2.37, 95% CI 1.44-3.88, p=0.0006). There is a theoretical risk of Reye’s syndrome associated with aspirin use during pregnancy, but no confirmed reports.

Certain conditions, including the presence of artificial heart valves, or conditions related to hypercoagulability require the continued need for thromboprophylaxis, or their initiation during pregnancy. The safest known anticoagulants associated with pregnancy are low molecular weight heparin (LHWH) and unfractionated heparin (UFH), neither of which crosses the placenta. Vitamin K antagonists (VKA) are classified by the FDA as a category X substance, therefore their risks and benefits must be closely weighed, as their use has been associated with an increased risk of miscarriage, teratogenic effects in the first trimester, and risk of bleeding to both fetus and mother. In a systematic review including 28 studies examining the use of oral anticoagulants among pregnant women with mechanical heart valves, Chan et al. (2000), reported that while their use was more effective for thromboembolic prophylaxis, the frequency of congenital abnormalities was 6.4%. In a more recent review, Xu et al. (2016) included the results of 51 studies (2,113 pregnancies) of women who received anticoagulation therapy related to management of mechanical heart valves. The frequency of congenital fetal anomalies associated with VKA use was 2.13% and 0.68% for lose-dose VKA. There were no fetal abnormalities in the LMWH or UFH regimen groups. Maternal thromboembolic events (MTEs) and maternal deaths were lowest in the low-dose VKA subgroup (1.14% and 0.31%, respectively). The occurrences of MTEs and major antenatal hemorrhage events were highest in the UFH group (29.9% and 5.3%, respectively). Compared with low-dose VKA regimen, the incidences of spontaneous abortion and warfarin embryopathy were significantly higher compared with the high-dose VKA group.

Anticoagulants have also been examined for the prevention of pregnancy complications associated with thrombophilias, but were not found to be effective. Results from the Thrombophilia in Pregnancy Prophylaxis Study (TIPPS) indicated that among pregnant women with thrombophilia at high risk of pregnancy complications, antepartum prophylactic dalteparin did not reduce the risk of venous thromboembolism and placenta-mediated pregnancy complications (Rodger et al. 2014). In this trial, 292 pregnant women were randomized to receive 5,000 IU dalteparin once daily from randomization to 20 weeks’ gestation and then the same dose twice daily until 37 weeks of gestation vs. no dalteparin. The primary outcome, a composite including any of proximal deep vein thrombosis, pulmonary embolism, or sudden maternal death, severe or early onset preeclampsia, oliguria, pulmonary edema, coagulopathy, birth of small-for-gestational-age SGA infant, or pregnancy loss, was not significantly reduced in the dalteparin group (risk difference of -1.8%, 95% CI -10.6%-7.1%, p=0.70). There was also no significant difference among three treatment groups (LMWH, ASA or both combined) in the percentage of live births in the Low Molecular Weight Heparin and/or Aspirin in Prevention of Habitual Abortion (HABENOX) Trial (Visser et al. 2011).

Hypertension
Women with hypertensive-disorders of pregnancy are at greater risk for stroke, especially those with traditional risk factors (Leffert et al. 2015), therefore, treatment of moderate to severe hypertension is critical to achieving a favourable outcome. A limited number of agents, including methyldopa, labetalol, and nifedipine, are known to be safe and effective during pregnancy. The potential benefit of a tight versus less tight regimen among women with moderate diastolic hypertension (90-105 mm Hg) was evaluated in the Control of Hypertension In Pregnancy Study (CHIPS) study (Magee et al. 2015). Although the frequency of severe hypertension was significantly higher among women in the less-tight control group, there was no significant difference between groups in the frequency of any of individual components of the primary outcome (miscarriage, ectopic pregnancy, elective termination, perinatal death, still birth or high-level neonatal care). The frequency of serious maternal complications was not significantly lower among women in the tight-control group (2.0% vs. 3.7%, adj OR=1.74, 95% CI 0.79-3.84). There was a single stroke/TIA in the tight-control group vs. none in the less-tight control group. A Cochrane review (Abalos et al. 2013) including 48 RCTs (4,723 women) evaluated antihypertensive drug treatment for mild to moderate hypertension during pregnancy, defined as SBP 140-169 mmHg and DBP 90-109 mmHg. Treatment contrasts compared ≥1 antihypertensive drug vs. either placebo or no antihypertensive drug (n=29), and one antihypertensive drug vs. another (n=22), with a duration of treatment of at least 7 days. Compared with women who received no treatment, the risk of severe hypertension was significantly reduced in the active treatment group. While the risk of pre-eclampsia/proteinuria was not significantly reduced in the active treatment group (RR= 0.93, 95% CI 0.80-1.08, p=0.34), in the sub group examination of beta blockers, the risk of developing proteinuria/pre-eclampsia was significantly reduced (RR=0.73, 95% CI 0.57-0.94). The risk of fetal or neonatal death, pre-term birth or small-for-gestational age were not significantly reduced for women taking antihypertensive treatment. In terms of treatment for the prevention of hypertension during pregnancy, a Cochrane review including 13 RCTs in women without hypertension examined the effectiveness of calcium supplementation to reduce the risk of hypertensive disorders of pregnancy (Hofmeyr et al. 2014). Women were randomized to receive either high-dose (≥1 g/day) or low-dose (<1 g/da) calcium supplement or placebo, until delivery. High-dose calcium supplementation was associated with significantly reduced risks of high blood pressure (RR= 0.65, 95% CI 0.53-0.81, p<0.0001) and pre-eclampsia (RR= 0.45, 95% CI 0.31-0.65, p<0.0001). Low-dose supplementation was also associated with a significantly reduced risk of high blood pressure (RR= 0.53, 95% CI 0.38-0.74, p<0.0001).

Statin Use
While the benefits of statin use for secondary prevention are well-established, statin treatment is usually not warranted during pregnancy, as lipid dysregulation is a physiologic adaptation of pregnancy. The development of certain cells (e.g myelin) and the accumulation of fat mass in the fetus, are dependent upon lipid metabolism. Statin medications have been classified in pregnancy as Category X, and are contraindicated due to their potential teratogenicity. Several reports comparing the pregnancy outcomes of women accidentally exposed to statins during pregnancy with those of women not exposed, have been published. The results are ambiguous, with some studies suggesting a significant increased risk of congenital abnormalities associated with statin use, particularly during the first trimester. In the largest cohort study (Bateman et al. 2015), statin use was associated with a significantly increased risk in the incidence of birth defects in unadjusted analysis (6.34% vs. 3.55%, RR=1.79, 95% CI 1.43-2.23), but was no longer evident in an analysis using propensity scores, adjusting for age, diabetes and other confounding factors (RR=1.07, 95% CI 0.85-1.37). Zarek & Koren (2014) included the results from 6 controlled studies in a meta-analysis, and reported that the use of statins during pregnancy was not associated with an increased risk of birth defects (RR=1.15, 95% CI 0.75-1.76, p=0.52), although there was a significant increase in risk of miscarriage (RR=1.35, 95% CI 1.04-1.75). In a case-control study, Winterfeld et al. (2013) reported the frequency of major birth defects was non-significantly higher in the statin-exposed group (4.1% vs. 2.7%, OR=1.5, 95% CI 0.5-4.5, p=0.43), while the frequency of pre-term delivery, miscarriage or fetal death was significantly higher in the statin-exposed group. Most recently, Karalis et al. (2016) reviewed the results of 16 case series, cohort studies, meta-analyses and an RCT, and concluded there was no clear evidence of a relationship linking congenital anomalies with statin use in pregnancy, suggesting they were probably not teratogenic, while at the same time, cautioning that their use should be avoided.

Diabetes
Women with gestational diabetes are at increased risk of antenatal stroke (Scott et all 2012, James et al. 2005), and may be at risk for future stroke up to 7 years after delivery (Goueslard et al. 2016). In studies that have examined the relationship between gestational diabetes and future risk of cardiovascular disease, including stroke, the strength of the relationship is attenuated after adjusting for age and subsequent diabetes or menopausal status (Archambault et al. 2014, Savitz et al. 2014, Shah et al. 2008). A low glycemic index diet has been shown to significantly reduce both fasting and 2-hour post-prandial blood glucose, compared with a control group consuming intermediate-high glycemic index foods (Ma et al. 2014). Target 1-hour postprandial blood glucose of <7.8 mmol/L has been associated with good outcomes and has been suggested as a reasonable target for women with gestational diabetes (Thompson et al. 2013).

Management considerations for specific Stroke etiologies in Pregnancy
There is limited evidence concerning the management of strokes that occur during pregnancy, with specific etiologies including cardioembolic source, cerebral venous sinus thrombosis (CVST), cervical artery dissection, antiphospholipid antibody syndrome (AAS) and cryptogenic stroke. The evidence base is largely composed of case reports and case series. Regardless of the etiology, treatment with either oral anticoagulants or antiplatelets (aspirin) appears to be common practice.

Outside of pregnancy, cervical artery dissections are usually treated with either a vitamin K antagonist or antiplatelet (aspirin) for 3-6 months. Case reports of women treated for carotid and vertebral dissections occurring in both the antenatal and early post-partum period, indicate the same management strategies may be used (Shanmugalingam et al. 2016, Baffour et al. 2012, Waidelich et al. 2008) without adverse effects on the mother or baby. The use of anticoagulants or antiplatelet drugs among a series of 62 women who presented with CVST during pregnancy was reported by Ciron et al. (2013). The preventative strategies used during subsequent pregnancies included no treatment (n=3), anticoagulation therapy during entire pregnancy, with and without aspirin; anticoagulation therapy during 3rd trimester of pregnancy, with and without aspirin; and anticoagulation therapy during entire pregnancy and puerperium. Demir et al. (2013) reporting on 19 cases of pregnancy-associated CVST, noted that all women were treated with LWMH (enoxaparin) at a dose of 95 IU/kg twice daily for the duration of their pregnancy. Both aspirin and warfarin were used for secondary prevention in a study including 68 women who sustained CVST during pregnancy (Lamy et al. 2000).