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Dépistage et prise en charge de la dépression post-AVC

5e édition
2015 MISE À JOUR
juin 2015

La 5e édition des Recommandations canadiennes pour les pratiques optimales de soins de l’AVC sur l’humeur, la cognition et la fatigue après un AVC (2015) est publiée dans l’International Journal of Stroke et est accessible en ligne gratuitement. Afin d’accéder aux recommandations spécifiques pour les Dépistage et prise en charge de la dépression post-AVC ainsi que tous les autres chapitres sur l’humeur, la cognition et la fatigue, veuillez cliquer sur ce lien, qui vous dirigera vers les recommandations en ligne dans l’Internal Journal of Stroke : http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/ijs.12557/full.

Pour la version française de ces recommandations, veuillez ouvrir l’annexe au lien suivant : http://onlinelibrary.wiley.com/store/10.1111/ijs.12557/asset/supinfo/ijs12557-sup-0001-si.pdf?v=1&s=2416dbbaf6bc557a385758a55284840380cfe209

Tous les autres renseignements connexes, y compris les indicateurs de rendement, les ressources de mise en l’œuvre, les résumés des données probantes et les références, sont accessibles au www.pratiquesoptimales.ca, et non pas sur le site de l’International Journal of Stroke. Veuillez cliquer sur les sections appropriées de notre site Web pour le contenu additionnel.

Justification

Environ un tiers des personnes victimes d’un AVC présentent des symptômes de dépression à un moment donné suivant un AVC (aigus, subaigus et au moment du suivi à long terme). La majorité de ces cas de dépression après un AVC peuvent survenir au cours des trois premiers mois après l’AVC, et les taux d’incidence de dépression diminuent avec le temps, même si des rapports de recherche ont indiqué que des symptômes peuvent apparaître jusqu’à deux ans après l’AVC de référence. Une étude a révélé que la dépression après un AVC avait aussi été signalée chez 48 % des 71 jeunes survivants de l’AVC, après au moins un an de suivi. Jusqu’à la moitié des patients atteints de dépression peu après l’AVC présentent des symptômes persistants. L’importance des limites fonctionnelles, la sévérité de l’AVC, les déficits cognitifs et des antécédents de dépression sont tous reconnus comme d’importants facteurs de risque pour la survenue d’une dépression après un AVC.

La dépression après un AVC est associée à un moins bon rétablissement fonctionnel, à un risque de dépendance accru, à une altération des fonctions cognitives et à une réduction de la participation sociale. En outre, la présence de dépression après un AVC a été liée à un risque accru de mortalité. Un dépistage, un diagnostic et un traitement appropriés de la dépression après un AVC ont été associés à de meilleurs résultats.

Les familles et les aidants de patients victimes d’un AVC sont aussi à risque de dépression, une incidence de symptômes dépressifs aussi élevée que de 30 % à 60 % ayant été signalée chez les aidants.

Exigences pour le système

Les résultats de cette étude ont plusieurs conséquences pour le système de santé incluant ce qui suit :

  • Disponibilité d’outils de dépistage sensibles aux circonstances uniques du patient, tels que les déficits de communication, et outils culturellement appropriés.
  • Formation sur la reconnaissance, l’évaluation et le dépistage de la dépression après un AVC, pour les fournisseurs de soins de première ligne et de soins de santé généraux dans le continuum des soins.
  • Accès en temps opportun et au besoin à des spécialistes en santé mentale compétents, qui peuvent diagnostiquer et évaluer la sévérité de la dépression, et donner des conseils pour la prise en charge continue.
  • Accès en temps opportun à des thérapies spécialisées disponibles pour prendre en charge la dépression après un AVC, y compris les médicaments, les conseils et la psychothérapie au besoin.
  • Mécanismes permettant d’assurer une excellente communication et transmission d’informations entre les divers spécialistes et programmes au-delà du noyau de fournisseurs de soins de l’AVC, afin de répondre aux besoins variés des personnes victimes d’un AVC (p. ex., spécialistes en santé mentale, spécialistes de la cognition, programmes gériatriques).
  • Processus de surveillance continue pour tout patient chez qui le dépistage et le processus d’évaluation permettent de diagnostiquer un trouble dépressif.
  • Éducation et soutien offerts aux aidants de survivants d’un AVC.
  • Les processus doivent être en place pour offrir l’éducation nécessaire et s’assurer que les besoins émotionnels des aidants sont surveillés et traités, idéalement grâce à la participation de l’équipe de soins de première ligne.
  • Optimisation des stratégies de prévention d’une récidive de l’AVC.

Indicateurs de rendement

  1. Proportion de patients victimes d’un AVC en phase aiguë pour lesquels la documentation indique qu’un dépistage initial de dépression après un AVC a été réalisé (soit de façon informelle, soit à l’aide d’un outil structuré) en milieu de soins aigus, de réadaptation, de soins à long terme, ou dans la communauté (p. ex., soins à domicile). (Indicateur de base)
  2. Proportion de patients victimes d’un AVC en phase aiguë orientés vers une évaluation ou une intervention supplémentaire à cause d’un diagnostic présumé de dépression.
  3. Proportion de patients victimes d’un AVC, ayant reçu un diagnostic de dépression et traités avec des antidépresseurs et/ou la psychothérapie, à un mois, trois mois, six mois et un an après l’AVC initial.

Notes sur la mesure des indicateurs

  • Les recommandations pour un dépistage et une évaluation de la dépression après un AVC, et les indicateurs de rendement correspondants s’appliquent dans le continuum de soins de l’AVC, et doivent être prises en considération dans les phases de soins aigus, de réadaptation initiale et de rétablissement à plus long terme ainsi que dans tous les milieux de soins.
  • Lors de la surveillance des indicateurs de rendement, il est important de consigner le moment et le contexte (continuum de soins) dans lequel les mesures sont prises.
  • Les données sur les indicateurs sont disponibles en vérifiant les dossiers primaires. La qualité des données dépendra de la qualité de la documentation obtenue par les professionnels de la santé.
  • Dans le cas de patients orientés vers la psychiatrie, les renseignements sont disponibles dans les bases provinciales de données de facturation des médecins.
  • Dans le cas des personnes âgées de plus 65 ans, les renseignements sur les ordonnances de médicaments peuvent être obtenus en cherchant dans les bases de données provinciales et territoriales pour les régimes d’assurance-médicaments des personnes âgées.
  • Dans le cas de l’indicateur de rendement 3, la solution consiste à augmenter le nombre de patients atteints de dépression après un AVC, qui sont traités adéquatement, et de réduire le nombre de patients atteints de dépression qui ne sont pas traités (trouble dépressif + aucun antidépresseur), et sous-traités (symptômes dépressifs + antidépresseur + symptômes persistants). Cette solution devrait être considérée dans le cadre du plan de mesure et d’analyse.

Ressources pour la mise en œuvre et outils d'application des connaissances

Renseignements sur les fournisseurs de soins de santé

Information relative au patient

Summary of the Evidence, Evidence Tables and References

Post-Stroke Depression and Mood Evidence Tables and Reference List

Post-stroke depression is a common consequence of stroke. In a systematic review of 51 prospective, observational studies of post-stroke depression conducted in hospital-, rehabilitation-, and population-based settings, Hackett et al (2005) estimated that approximately one-third of all individuals who experience stroke exhibit depressive symptoms at some point following the event (i.e., at acute, sub-acute or long-term follow-up). The authors suggest that this proportion is likely an underestimation of prevalence, given possible under-reporting of unusual mood, difficulty in the assessment of depression within the stroke population, and the variability in the methods used to assess and define cases of depression within the literature (Hackett et al. 2005).

In a systematic review intended to establish risk factors for the development of PSD, Hackett and Anderson (2005) included data from a total of 21 studies. Of the many different variables assessed, physical disability, stroke severity and cognitive impairment were most consistently associated with the development of depression following a stroke event. The authors noted that major methodological limitations within the available literature made it difficult to form a definitive conclusion. As part a multi-centred, observational study of depression in stroke, Paolucci and colleagues (2005) identified female sex (OR=1.49), previous stroke (OR = 1.55), previous depression (OR=3.97) and severe disability (Modified Rankin Scale score >3, OR = 2.70) as variables associated with increased odds for the development of PSD. In addition, the risk for post-stroke depression was found to increase exponentially in individuals with more than one risk factor (Paolucci et al. 2005).

Depression and anxiety may also be increased in parents of children with stroke (Goodman 2000; Gordon, 2002). PSD in survivors of childhood stroke is not well studied but appears to be common based on preliminary evidence (Elbers, 2013). In young adults with stroke, PSD risk factors are localization of the infarct in a carotid territory, severe disability, bad general outcome and absence of return to work (Neau et al., 1992).

In a report from the Auckland Regional Community Stroke Study (Hackett and Anderson 2006), the authors described an attempt to create a simple, predictive tool for the identification of individuals most at risk for abnormal mood. Of the factors included in the model, only two were significant predictors of mood; prior treatment for depression (OR = 2.4, 95% CI 1.34 – 3.43) and requiring “much help” with activities of daily living (OR = 2.35, 95% CI 1.33 – 4.14).The ability of the model to predict risk for depression might be increased by the inclusion of other factors such as fatigue and performance of instrumental activities of daily living. However, Van de Port et al. (2007) demonstrated that use of these two predictors (prior treatment for depression and requiring much help with ADLs) in a multivariate model could correctly classify depression in 76% of patients 3 years post stroke.

Examination of the results of multiple meta-analyses (Mitchell and Kakkadasam 2011; Mitchell et al. 2011; Mitchell et al. 2010; Mitchell et al. 2009; Cepoiu et al. 2007) revealed that non-psychiatric physicians, nurses, and therapists demonstrate poor sensitivity relative to gold standard psychiatric interviews and standardized formal rating scales when using clinical observation to identify depression in individuals who have experienced stroke in both inpatient and community-based settings. By comparison, use of standardized screening tools is associated with significantly greater sensitivity (Lowe et al. 2004). As in the recent CANMAT task force recommendations, it is noted that the use of formal instruments is a key component in the diagnostic process required to promote early detection of depression.

The best time to screen formally for the possible presence of PSD is not certain and incident rates of post-stroke depression are not stable over time. Bour and colleagues (2011) reported a decrease in incident cases of depression over the course of the first year following the stroke event. Cumulative incidence of PSD was 18.8% at 1month and 23.1%, 26.7%, 31%, and 36.2% at 3, 6, 9 and 12 months, respectively. Although incident rates decline over time and a general trend toward improvement in depressive symptomatology is evident in the first year post stroke, PSD may prove to be persistent for a longer duration for a significant proportion of individuals identified as depressed (Ostir et al. 2011, Ayerbe et al. 2011, Farner et al. 2010, Berg et al. 2003).

In 2006, the Canadian Stroke Strategy and Heart and Stroke Foundation of Ontario supported a consensus process to identify a standardized basket of outcome assessment tools that could be used to across the stroke continuum of care. Included in the resulting collection of measures were the following screening tools for the identification of possible depression in individuals with stroke: The Hospital Anxiety and Depression Scale (HADS), the Geriatric Depression Scale (GDS) and the Stroke Aphasic Depression Questionnaire (SADQ-10). Additional tools for consideration include the 9-item Patient Health Questionnaire (PHQ-9), and the Children’s Depression Inventory (CDI).   A brief description of these and several additional tools may be found in the accompanying summary table.

Once possible depression has been detected via formal screening and a diagnosis made by an experienced healthcare professional, treatment via pharmacotherapy has been associated with reduction of depressive symptomatology (Chen et al. 2006, Hackett et al. 2008). However, these findings should be considered in light of reports of adverse effects associated with the use of antidepressant medications. Whereas selective serotonin reuptake inhibitors are among the most commonly prescribed pharmacological agents for the treatment of PSD, they may also be associated with increased risk for mortality and stroke (Coupland et al. 2011, Wu et al. 2011). In addition, pharmacodynamic interactions between antidepressants and cardiovascular agents have been noted for several antidepressant classes including SSRIs, which may result in significant adverse events (Tuunainen et al. 2009).

Whereas psychotherapeutic approaches such as cognitive behavioural therapy or interpersonal therapy may be accepted treatment approaches for acute major depressive disorders in general, based on the results of available meta-analyses (Wilson et al. 2009, Hackett et al. 2008), there is insufficient evidence to support their application as monotherapy for the treatment of PSD. However, talk-based therapy, such as problem-solving therapy, when used in combination with pharmacotherapy may be an effective means to promote the reduction of symptoms of depression (Mitchell et al. 2009, Alexopoulos et al. 2012, Lincoln and Flanaghan 2003). The use of other, non-pharmacological strategies, such as light therapy (Tuuainen et al. 2009, Sondergaard et al. 2006), physical exercise (Graven et al. 2011), music therapy (Jun et al. 2012, Sarkamo et al. 2008), and acupuncture (Zhang et al. 2010) have all been demonstrated to have a positive effect on mood within the population of individuals with stroke.

For individuals who, following screening and appropriate follow-up assessment, experience mild symptoms of depression, watchful waiting may be the most appropriate strategy. Although there is no direct evidence of the effectiveness of this approach as an intervention within the stroke population, it has been used with good results as part of interventions, such as stepped care management (van’t Veer-Tazelaar et al. 2009, Dozeman et al. 2012), undertaken in populations of older individuals. A single randomized controlled trial examined the use of pharmacotherapy for individuals with mild depression and found a significant reduction in depressive symptomatology associated with the use of antidepressant therapy; however, study participants were not drawn from the stroke population (Williams et al. 2000).

Prevention of PSD

Given the high prevalence of PSD and the negative consequences associated with it, there has been increasing attention paid to strategies for its prevention. The most commonly studied strategy has been universal pharmacologic prophylaxis, although discussions have expanded to include selected and/or indicated prophylaxis (Salter et al. 2013), problem-solving therapy (Robinson et al. 2008) and motivational interviewing (Watkins et al. 2007, 2011). Results of recent meta-analyses have provided encouraging results in favour of pharmacotherapy for the prevention of post-stroke depression (Salter et al. 2013, Yi et al. 2010, Chen et al. 2007); however, the individual studies within these analyses were small and provided conflicting results. In addition, little is known about how many individuals in these studies might have been experiencing subsyndromal depression, or had the greatest risk for PSD over time, and what the optimal timing and duration of preventative interventions might be whether using a universal, selected or indicated approach. In each case, the potential benefits associated with the use of prophylactic prevention of PSD must be weighed against the risks associated with the use of antidepressive agents, particularly among older individuals (Coupland et al. 2011).

Pseudobulbar Affect (Post Stroke Emotional Incontinence-PSEI)

Reported frequency of pseudobulbar affect (PBA) post-stroke ranges from 11%-35% depending upon the criteria used to define the condition and time elapsed since stroke onset (House et al. 1989, Kim and Choi-Kwon 2000). Although an association has been reported between PBA and PSD, many individuals with emotionalism may not end up with significant or diagnosable depression (Kim and Choi-Kwon 2000, Tang et al. 2004). In a recent Cochrane review (Hackett et al. 2010), pooled analyses were reported for data gathered from 5 randomized controlled trials examining antidepressant therapy for post-stroke PBA. Large treatment effects in terms of emotionalism, reduced tearfulness, clinical impressions of change and Lability Scale scores were reported in favour of antidepressant treatment when compared to control conditions. Given methodological limitations, the authors conclude that the existing literature does not provide definitive evidence that pharmacotherapy is effective in the treatment of PBA post-stroke. The combination medication dextromethorphan/quinidine (DM/Q) is available and approved in the US for the treatment of PBA.  The combination is not approved in Canada, but both components are available as they are approved for other indications.  As yet, DM/Q has not been evaluated in post-stroke PBA, and tolerability, particularly cardiac toxicity must be considered (Patatanian & Cassellman 2014 PMID:24704895; Schoedel et al 2014 PMID:25061302).

Anxiety Following Stroke

Anxiety following stroke occurs more often in women than in men. In the Perth Community Stroke Study, it was reported that 20% of women who experienced stroke developed symptoms of anxiety following the event while, in the same sample, only 9% of men experienced post-stroke anxiety (Burvill et al. 1995). However, individuals who experienced post-stroke anxiety often reported having anxiety or depression at the time of the stroke event (Burvill et al. 1995). Individuals with generalized anxiety disorder (GAD) after stroke may often experience co-morbid depression. Castillo et al. (1995) reported that, in a sample of individuals with post-stroke GAD approximately 75% were also depressed. Despite the prevalence of post-stroke anxiety, very few studies have included evaluation of the effectiveness of potential treatments. A recent Cochrane review (Campbell Burton et al. 2011) identified only 2 RCTs suggesting a positive effect associated with the provision of pharmacotherapy with or without the addition of psychotherapy. Further research in this area is certainly indicated in this post-stroke population.

Post-Stroke Depression and Mood Evidence Tables and Reference List