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Soins en unité d’AVC

5e édition
2015 MISE À JOUR
octobre 2015

La 5e édition des Recommandations canadiennes pour les pratiques optimales de soins de l’AVC sur Prise en charge de l’AVC en phase aiguë chez le patient hospitalisé (2015) est publiée dans l’International Journal of Stroke et est accessible en ligne gratuitement. Afin d’accéder aux recommandations spécifiques pour : Soins en unité de l’AVC en phase aiguë et tous les autres chapitres des recommandations sur les soins de l’AVC en phase hyperaiguë, veuillez cliquer sur ce lien, qui vous dirigera vers les recommandations en ligne dans l’Internal Journal of Stroke : http://journals.sagepub.com/doi/suppl/10.1177/1747493015622461

Pour la version française de ces recommandations, veuillez consulter l’annexe en cliquant sur le lien suivant : http://wso.sagepub.com/content/11/2/239/suppl/DC1

Tous les autres renseignements connexes, y compris les indicateurs de rendement, les ressources de mise en l’œuvre, les résumés des données probantes et les références, sont accessibles au www.pratiquesoptimales.ca, et non pas sur le site de l’International Journal of Stroke. Veuillez cliquer sur les sections appropriées de notre site Web pour le contenu additionnel.

PREMIER ENCADRÉ : Soins optimaux de l’AVC en phase aiguë

DÉFINITION :

Une unité de soins de l’AVC est une unité spécialisée et géographiquement distincte qui est consacrée à la prise en charge des patients qui ont fait un AVC et qui est dotée d’une équipe interprofessionnelle chevronnée. Veuillez consulter la ressource « Agir pour des soins optimaux d’AVC » pour obtenir des renseignements détaillés sur les critères pour une unité de soins de l’AVC.

Autres modèles de soins de l’AVC : Il est reconnu que bien d’autres modèles de soins de l’AVC existent au Canada. Bon nombre d’autres organisations n’ont pas la désignation administrative officielle « d’unité de soins de l’AVC en phase aiguë ». Cependant, elles ont mis en œuvre la plupart ou tous les critères d’une telle unité, et devraient être reconnues comme s’efforçant d’offrir des soins optimaux en dépit de défis administratifs ou structuraux en matière de ressources. Ces modèles sont parfois connus sous le nom de soins de l’AVC en phase aiguë regroupés, ou de regroupement intentionnel de patients victimes d’un AVC.

Éléments principaux des soins complets de l’AVC et des soins neurovasculaires (d’après Stroke Unit Trialists Collaboration 2007)  

  • Il est convenu que tous les hôpitaux ne sont pas en mesure de fournir tous les éléments d’une unité de soins de l’AVC, mais chaque hôpital devrait agir afin d’établir des protocoles et des processus de soins en vue de mettre en œuvre autant d’éléments que possible dans l’espoir d’offrir des soins optimaux compte tenu de l’emplacement géographique, des volumes traités par l’hôpital et de la disponibilité des ressources (RH, matériel, financement). Voir la figure 1 dans la section « Introduction et aperçu » de ce chapitre, ainsi que dans l’ensemble de ressources sur le thème « Agir en vue de soins optimaux de l’AVC ».
  • Des soins spécialisés pour les patients qui ont fait un AVC ischémique, une hémorragie intracérébrale ou un AIT (dans certains établissements, on fournit également des soins aux patients qui ont fait une hémorragie sous-arachnoïdienne ou qui sont atteints d’un autre problème neurovasculaire).
  • Une équipe spécialisée en AVC réunissant divers professionnels de la santé, y compris des neurologues, des infirmiers, des neurochirurgiens, des pharmaciens et autres.
  • Un modèle groupé uniforme dans le cadre duquel tous les patients qui ont fait un AVC sont pris en charge par des employés formés et chevronnés, y compris des professionnels du rétablissement, dans le même service où des lits sont réservés à ces patients.
  • L’accès à l’imagerie et à l’expertise en neuroradiologie interventionnelle en tout temps.
  • L’accès aux chirurgies neurovasculaires émergentes.
  • Des protocoles mis en œuvre pour la prise en charge de l’AVC en phases aiguë et hyperaiguë, et des transitions sans failles entre les différents stades de soins (préhospitaliers, service d’urgence, soins aux patients hospitalisés).
  • Des protocoles de dépistage de la dysphagie chez tous les patients victimes d’un AVC sans délais prolongés avant l’alimentation et l’administration de médicaments par voie orale.
  • L’accès à des soins de rétablissement après un AVC en phase aiguë, soit à titre de patient hospitalisé, soit dans la collectivité, ou au moment du congé précoce avec soutien.
  • Une planification du congé amorcée aussitôt que possible après l’admission, en prévoyant des besoins au moment du congé pour assurer des transitions sans failles.
  • Des visites au chevet du patient quotidiennes ou toutes les deux semaines par l’équipe de soins pour réexaminer le cas, discuter des enjeux de sa prise en charge, des besoins ou des préoccupations de la famille, et de la planification du congé (congé ou transition vers le prochain niveau de soins, mesures en temps opportun et exigences en matière de transition).
  • Une éducation du patient et de sa famille, qui est officielle et coordonnée, répond à leur état de préparation et aborde les besoins d’apprentissage.
  • La prestation de soins palliatifs, au besoin, idéalement par une équipe spécialisée dans ces soins.
  • Du perfectionnement professionnel continu offert à tous les membres du personnel dans les domaines suivants : connaissances sur l’AVC, pratiques exemplaires fondées sur des données probantes, renforcement des compétences, orientation des stagiaires.
  • Une participation à la recherche clinique sur les soins de l’AVC.
Justification

Les soins dans une unité de l’AVC réduisent jusqu’à 30 % le risque de mortalité et d’invalidité chez les hommes et les femmes qui subissent un AVC léger, modéré ou grave. Ces soins sont caractérisés par une approche d’une équipe interprofessionnelle coordonnée qui vise à prévenir les complications et les récidives de l’AVC, à accélérer la mobilisation et à offrir une thérapie en réadaptation précoce. Les données probantes suggèrent que les patients victimes d’un AVC, qui sont traités dans des unités de soins de l’AVC en phase aiguë, ont moins de complications, et profitent d’une mobilisation plus rapide ainsi que d’un diagnostic précoce de la pneumonie. Les patients doivent être traités dans une unité spatialement distincte, étant donné que les cheminements pour la prise en charge de l’AVC et les soins offerts par des équipes d’AVC volantes n’offrent pas les mêmes bienfaits que les unités de soins de l’AVC. L’accès au rétablissement précoce est un aspect clé des soins offerts par l’équipe de l’AVC. Pour les patients victimes d’un AVC, le rétablissement doit commencer aussitôt que possible et être considéré comme une intervention offerte dans tous les milieux du continuum de soins de l’AVC.

Exigences pour le système

  • Un système de soins organisés de l’AVC reposant sur des unités de l’AVC qui disposent de la masse critique de personnel ayant reçu une formation spécialisée et travaillant en équipe interdisciplinaire. Si cela n’est pas possible, des mécanismes permettant de coordonner les soins des patients victimes d’un AVC de telle manière que les pratiques optimales sont appliquées et les résultats optimisés.
  • Des protocoles et des mécanismes pour permettre le transfert rapide des patients de l’urgence à une unité spécialisée de l’AVC dès que possible après l’arrivée à l’hôpital, idéalement dans les six premières heures.
  • Des centres de soins avancés et complets de l’AVC doivent avoir un rôle de chef de file dans leur région géographique afin de s’assurer que l’accès aux soins spécialisés de l’AVC est possible pour les patients qui peuvent se présenter d’abord à des établissements de santé généraux (habituellement des centres ruraux ou éloignés) ou des établissements n’offrant que des services de l’AVC de base.
  • Les services de télé-AVC doivent être optimisés pour garantir l’accès à des soins spécialisés de l’AVC dans l’ensemble du continuum afin de répondre aux besoins individuels (y compris l’accès aux spécialistes de l’AVC et de la réadaptation).
  • Il faut des renseignements sur le lieu géographique des unités de soins de l’AVC et d’autres modèles de soins de l’AVC spécialisés disponibles pour les fournisseurs de services communautaires, afin de faciliter l’orientation vers les ressources appropriées et renforcer les relations entre chaque secteur dans le continuum de soins de l’AVC.
Indicateurs de rendement

  1. Nombre de patients victimes d’un AVC, qui sont soignés dans une unité de soins de l’AVC à n’importe quel moment durant leur séjour à l’hôpital pour un AVC grave (numérateur), par rapport au nombre total de patients victimes d’un AVC, qui sont admis à l’hôpital (base).
  2. Pourcentage des patients qui rentrent chez eux après avoir obtenu leur congé de l’hôpital où ils ont été admis en raison d’un AVC (base).
  3. Proportion de patients victimes d’un AVC qui meurent à l’hôpital dans les 7 jours et les 30 jours suivant leur admission à l’hôpital en raison d’un AVC (indiqué par type d’AVC) (base).
  4. Proportion de la durée totale d’hospitalisation pour un AVC grave passée dans une unité de soins de l’AVC.
  5. Proportion de lits de l’unité de soins de l’AVC désignée, qui sont occupés par des patients victimes d’un AVC (moyenne hebdomadaire).
  6. Augmentation en pourcentage de la couverture par télémédecine/télé-AVC des collectivités éloignées pour appuyer les soins organisés de l’AVC dans le continuum de soins.

Veuillez consulter le manuel de mesure du rendement intitulé « Canadian Stroke Quality and Performance Measurement Manual » pour obtenir la définition détaillée des indicateurs et les formules de calcul. www.pratiquesoptimalesavc.ca

Notes sur la mesure des indicateurs

  • Indicateur de rendement 1 : Effectuez les calculs pour tous les cas, puis stratifiez par type d’AVC.
  • La définition d’une unité de soins de l’AVC varie considérablement d’un établissement à l’autre. Lorsque les unités de soins de l’AVC ne répondent pas aux critères définis dans la recommandation, il faut envisager la hiérarchie d’un autre modèle de soins de l’AVC : a) unité de soins de l’AVC spécialisée; b) zone désignée au sein d’une unité de soins infirmiers généraux, ou unité neurologique où les patients victimes d’un AVC sont regroupés; c) soins administrés par une équipe de l’AVC mobile; d) prise en charge dans une unité de soins infirmiers généraux par le personnel utilisant des lignes directrices et des protocoles sur l’AVC.
  • Les établissements qui recueillent ces données doivent noter leur définition opérationnelle d’une « unité de soins de l’AVC » afin de s’assurer de la normalisation et de la validité des données lorsqu’elles font l’objet d’un rapport interinstitutionnel.
  • Des sondages auprès des patients et de leur famille doivent être effectués pour
Ressources pour la mise en œuvre et outils d’application des connaissances

Information à l’intention des dispensateurs de soins de santé

Information à l’intention du patient

Résumé des données probantes

Evidence Table and Reference List

Stroke Unit Care

It is now well-established that patients who receive stroke unit care are more likely to survive, return home, and regain independence compared to patients who receive less organized forms of care. Stroke unit care is characterized by an experienced interprofessional stroke team, including physicians, nurses, physiotherapists, occupational therapists, speech therapists, among others, dedicated to the management of stroke patients, often located within a geographically defined space. Other features of stroke units include staff members who have an interest in stroke, routine team meetings, continuing education/training, and involvement of caregivers in the rehabilitation process. In an updated Cochrane Review, the Stroke Unit Trialists’ Collaboration (2013) identified 28 randomized and quasi-randomized trials (n=5,855) comparing stroke unit care with alternative, less organized care (e.g., an acute medical ward). Compared to less organized forms of care, stroke unit care was associated with a significant reduction in the odds of death (OR= 0.81, 95% CI 0.69 to 0.94, p = 0.005), death or institutionalization (OR=0.78, 95% CI 0.68 to 0.89, p = 0.0003), and death or dependency (OR= 0.79, 95% CI 0.68 to 0.90, p = 0.0007) at a median follow-up period of one year. Based on the results from a small number of trials, the authors also reported that the benefits of stroke unit care are maintained for periods up to 5 and 10 years post stroke. Moreover, subgroup analyses demonstrated benefits of stroke unit care regardless of sex, age, or stroke severity. Saposnik et al. (2011) investigated the differential impact of stroke unit care on four subtypes of ischemic stroke (cardioembolic, large artery disease, small vessel disease, or other) and reported that stroke unit care was associated with reduced 30-day mortality across all subtypes.

To determine if the benefits of stroke unit care demonstrated in clinical trials can be replicated in routine clinical practice, Seenan et al. (2007) conducted a systematic review of 25 observational studies (n=42,236) comparing stroke unit care to non-stroke unit care. Stroke unit care was associated with a reduction in the risk of death (OR=0.79, 95% CI 0.73 to 0.86, p<0.001) and of death or poor outcome (OR=0.87, 95% CI=0.80 to 0.95; p=0.002) within one year of stroke. Similar findings were reported for the outcome of death at one year in a secondary analysis limited to multi-centered trials (OR=0.82, 95% CI 0.77 to 0.87, p<0.001).

In-hospital Stroke

Estimates of persons who experience a stroke while already hospitalized for other conditions range from 4% to 17% (as cited by Cumbler et al. 2014). Many of these patients have pre-existing stroke risk including hypertension, diabetes, cardiac diseases, and dyslipidemia (Vera et al. 2011). These in-hospital strokes often occur following cardiac and orthopedic procedures, usually within 7 days of surgery. There is evidence to suggest that, compared with persons who suffer a stroke in the community, patients who experience an in-hospital stroke have more severe strokes, worse outcomes and do not receive care in as timely a fashion. Of 15,815 consecutive patients included in the J-MUSIC registry, (Kimura et al 2006), 694 (4.4%) experienced an in-hospital ischemic stroke. The mean admission NIHSS score was significantly higher for patients with in-hospital stroke (14.6 vs. 8.1, p<0.0001). In-hospital stroke was an independent predictor of severe stroke, defined as NIHSS score ≥11 (OR=3.27, 95% CI 2.7-3.88, p<0.0001). Significantly more in-hospital stroke patients died both in hospital (19.2% vs. 6.8%, p<0.0001) and within 28 days (12.1% vs. 4.8%, p<0.0001). Farooq et al. (2008) compared the outcomes of 177 patients who experienced an in-hospital stroke and 2,566 who were admitted from the community to 15 hospitals in a single state over a 6-month period. In-hospital case fatality was significantly higher among in-hospital patients (14.6% vs. 6.9%, p=0.04). The distribution of mRS scores was shifter towards poorer outcomes for the in-hospital group (p<0.001) and fewer in-hospital stroke patients were discharged home (22.9% vs. 52.2%, p<0.01).

One of the largest studies to examine quality of care received and stroke outcome included 21,349 patients who experienced an in-hospital ischemic stroke and were admitted to 1,280 hospitals participating in the Get with the Guideline Stroke registry from 2006-2012, and 928,885 patients admitted to hospitals from the community during the same time frame (Cumbler et al. 2014). In-hospital stroke patients were significantly less likely to meet 7 achievement standards (t-PA within 3 hours, early antithrombotics, DVT prophylaxis, antithrombotics/anticoagulants on discharge, statin meds), and were less likely to receive a dysphagia screen or receive t-PA within 3.5-4.5 hours, but were more likely to receive a referral for rehabilitation and to receive intensive statin therapy. When quality/achievement measures were combined, in-hospital stroke patients were less likely to receive investigations/care for which they were eligible (82.6% vs. 92.8%, p<0.0001). In-hospital stroke patients also experienced worse outcomes. They were less likely to be independent in ambulation at discharge (adj OR=0.42, 95% CI 0.39-0.45, p<0.001), to be discharged home (adj OR=0.37, 95% CI 0.35-0.39, p<0.001) and the odds of in-hospital mortality were significantly higher (adj OR=2.72, 95% CI 2.57-2.88, p<0.001). Although a higher percentage of patients with in-hospital stroke received thrombolytic therapy with t-PA (11% vs. 6.6%), fewer received the treatment within 3-hours (31.6% vs. 73.4%, p<0.0001).